Dynamisez votre pricing en lui donnant l'organisation qu'il mérite

Les meilleures méthodes de pricing sont inutiles si l'organisation détruit la valeur qu'elles créent

 

 

 

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N'efficacité de la gestion des prix, ou " pricing " ne dépend pas seulement des méthodes et des outils : c'est aussi une question d'organisation et de processus. Il faut confier la gestion des prix au service le mieux placé selon le contexte de chaque entreprise. Mais surtout, le processus de gestion et de décision des prix doit être suffisamment transverse à l'entreprise pour maîtriser toute la complexité des interactions internes et externes.

 

 

Au sein des entreprises, le pricing est l'une des activités les plus hétérogènes sur le plan de la maturité. Les méthodes de fixation des prix sont souvent rudimentaires, mais même lorsque les outils sont sophistiqués, on trouve dans beaucoup de grands groupes des actions mal maîtrisées, où les promotions contredisent les choix marketing et mettent à mal le positionnement de l'offre. Que les entreprises soient sous-équipées en méthodes ou au contraire dotées d'outils et d'équipes spécialisées, la réflexion sur les processus et l'organisation du pricing est très souvent insuffisante. Compte tenu de la forte sensibilité du résultat aux prix, l'impact sur la rentabilité est immédiat.

 

Notre expérience dans la mise en œuvre de stratégies de prix montre que l'efficacité du pricing ne dépend pas seulement des outils. C'est aussi une question d'organisation et de processus. Ces derniers devraient être mieux adaptés aux enjeux particuliers de chaque entreprise. Le but de cet article n'est pas de promouvoir des outils avancés de pricing mais de proposer une réflexion sur les moyens de mieux s'organiser pour maîtriser les politiques de prix.

 

 

 

Le pricing ne dépend pas seulement des outils, c'est aussi une question d'organisation

 

Fixer les prix est au cœur des enjeux de pouvoir de l'entreprise

Approcher la question des prix uniquement sous l'angle des techniques et des outils - segmentation, analyse conjointe, yield management, pricing "valeur", pricing dynamique, pricing des plates-formes - c'est oublier que fixer les prix est au cœur des enjeux de pouvoir de l'entreprise. L'impact des prix est tel que les principales fonctions veulent y participer : le Marketing, la Finance, les Ventes, la Stratégie et même dans certains cas la R&D. Chaque partie a sa propre vision des décisions nécessaires en la matière, alors qu'une approche organisée permettrait une stratégie robuste au service de la rentabilité. Les divergences de point de vue diluent la prise de décision et limitent l'efficacité des outils mis en œuvre.

 

Le scénario est bien souvent celui du cas B&Y décrit dans le premier encadré. Les études sont faites et les méthodes appliquées, mais, en l'absence de processus clair, chaque direction cherche à imposer son point de vue. Les décisions sont alors prises dans l'urgence, souvent sous la forme de compromis malheureux. Dans d'autres cas, les problématiques de pricing ne sont tout simplement pas discutées entre les départements et les décisions sont repoussées.

 

 

 Cas d'entreprise  

" B&Y " : décider dans l'urgence, ou comment construire un compromis perdant

 

Un grand groupe de haute technologie européen - appelons le B&Y - a développé un nouveau produit. La direction du marketing a ensuite mené des études clients et recommandé un niveau de prix modéré fondé sur des méthodes d'analyse de la valeur perçue par les clients pour un tel produit. La direction financière avait réagi en suggérant un prix plus élevé pour couvrir les coûts importants de R&D de la phase de mise au point du produit. La direction des ventes s'est alors lancée dans un lobbying très fort pour un prix très agressif afin d'inciter les clients à renouveler leur ancien appareil.

 

La discussion durait depuis plusieurs mois lorsque la direction générale s'est emparée du dossier Elle a fixé le prix au niveau intermédiaire proposé par le marketing et cohérent avec le positionnement de la marque et la stratégie de création de valeur. La direction des ventes a alors de nouveau fait pression en expliquant les difficultés rencontrées sur le terrain pour soutenir ce choix auprès des clients de la marque, très tentés par les produits moins chers proposés par des concurrents asiatiques.

 

La direction fait alors preuve de réactivité et, persuadée par la direction des ventes que le produit ne génèrerait pas les marges attendues, prend la décision de lancer des offres promotionnelles afin de doper les ventes.

 

Au final, le produit - qui disposait réellement d'un leadership technologique et d'un fort potentiel - n'a atteint ni ses objectifs en volume ni le niveau de marge attendu. Il a été déréférencé et considéré par B&Y comme un mauvais produit.

 

La direction de B&Y aurait dû, plutôt que décider elle-même dans l'urgence, mettre en place à l'avance un processus structuré de consultation interne destiné à évaluer les propositions et à valider leur cohérence avec les autres enjeux de l'entreprise.

 

 

Les dérogations successives entraînent la dérive des prix

Une autre situation fréquente est celle dans laquelle le processus défini n'est pas réellement suivi car il est contrarié par les négociations et les rapports de force entre départements : les dérogations successives entraînent la dérive de la politique de prix. Par exemple, les prix sont souvent effectivement déterminés par le commercial - par les vendeurs ou les filiales pays - en fonction des négociations ou promotions. L'impact sur la marge peut être dévastateur. Dans ce cas, c'est l'informel qui l'emporte sur le processus. Un autre cas est celui où le pricing est confié à une seule fonction, comme la direction financière ou la direction marketing. Dans ce cas, la prise de décision est claire mais elle ne tient pas toujours compte de toutes les données du problème et se traduit par une rentabilité inférieure à celle qui pourrait être atteinte. Le cas d'Holidays apporte bien l'illustration de la nécessaire collaboration entre les fonctions en matière de prix (second encadré).

 

 

 Cas d'entreprise  

Comment la rivalité des structures internes a privé "Holidays" d'un revenu supplémentaire

 

Depuis plusieurs années déjà chez Holidays, leader européen de la location de résidences de tourisme, des responsables de terrain demandaient à la direction de remplacer la distribution des draps au bureau d'accueil (pas du tout pratique pour les clients) par leur installation directe dans les appartements. Un autre choix plus délicat était de décider si les appartements devaient être équipés de télévisions ou si l'on devait continuer à les proposer en supplément payant. Les questions soulevées par cette idée restaient sans réponse : pourra-t-on augmenter le prix des appartements ? De combien ? Le chiffre d'affaires supplémentaire couvrira-t-il l'investissement et les charges ?

 

Quand le Groupe décida enfin de lancer une étude quantitative sur la perception des prix et la valorisation des attributs du produit, les résultats montrèrent un taux d'acceptation très élevé des valeurs testées pour les draps et les téléviseurs. L'étude ayant rassuré le management, les deux prestations furent intégrées dans l'offre standard et le prix du package augmenté. Un an plus tard, l'investissement était absorbé et apportait même une marge supplémentaire non négligeable.

 

Pourquoi cette entreprise a-t-elle laissé son image se dégrader et attendu plusieurs années avant de se décider ? L'analyse de ses processus de décision a montré que plusieurs organisations avaient des attributions parallèles en matière de pricing :

  • Le Marketing Produit proposant des évolutions des prestations sur la base d'analyses de satisfaction,
  • La Stratégie en charge des analyses des prix de la concurrence et de la construction de la grille tarifaire générale,
  • Le Yield Management ajustant en cours de saison les prix par des promotions.

 

Chacune de ces tâches était bien exécutée. En revanche, les sujets non clairement attribués à l'une de ces structures n'étaient pas débattus ni tranchés. La valorisation régulière des attentes clients n'était pas programmée et n'était inscrite à l'ordre du jour d'aucune des instances de décision.

 

Un comité des prix aurait dû être composé de membres de chacun des trois départements pour examiner à intervalle régulier les dossiers et points de vue de chacun et soumettre régulièrement ses demandes d'arbitrages au Comité de Direction.

 

 

Sans organisation ni processus les techniques de prix sophistiquées sont inefficaces

De tels fonctionnements sont encore fréquents mais de moins en moins acceptables. La professionnalisation des services achats des clients, l'intensification de la concurrence internationale par les prix, l'accélération des cycles de R&D sont autant de facteurs qui rendent nécessaire l'optimisation de la valeur générée par un produit ou un service dans une fenêtre de temps étroite. Dans ce contexte, les entreprises qui considèrent qu'il suffit d'employer des techniques de fixation de prix sophistiquées mais qui négligent leur organisation et leurs processus risquent de rater bien des occasions de création de valeur. Elles risquent de ne pas avoir la réactivité nécessaire aux fluctuations du marché. Dans les cas d'urgence, le risque est celui d'une décision précipitée dictée par le manque de temps et la politique. Pour éviter de passer à côté de profits supplémentaires, les entreprises doivent à la fois maîtriser les méthodes de pricing et définir des processus et une organisation permettant de prendre les décisions pertinentes.

 

 

Qu'en est-il de votre propre entreprise ? Son organisation du pricing est-elle mature ? Voici quatre questions pour évaluer le niveau de votre entreprise en matière de pricing :

  1. Disposez-vous d'une organisation claire fixant le rôle de chaque fonction dans les décisions concernant les prix ?
  2. Est-ce que le mode de fixation des prix prend en compte toutes les perspectives nécessaires (financière, marketing, commerciale, stratégique… ) ?
  3. Le processus de fixation des prix est-il suffisamment transversal et collaboratif entre les fonctions concernées ?
  4. L'organisation est-elle multi-méthodes ? Maîtrise-t-elle toutes les techniques nécessaires au pricing ?

 

 

 

La plupart des entreprises traite les questions de prix selon un mode "réactif"

 

Notre expérience, complétée par des enquêtes auprès d'un grand nombre d'entreprises, nous a permis d'observer que la majorité des entreprises fonctionnait selon un même modèle, alors même que le pricing sert souvent des objectifs différents.

 

La majorité des entreprises est réactive mais cela ne suffit pas

Ce modèle peut être qualifié de "réactif" : les politiques de prix sont majoritairement gouvernées par des objectifs de rentabilité à court terme, et ce d'autant plus fortement que les temps de cycle sont courts. L'attention est donc centrée sur la maîtrise des coûts et la politique tarifaire des concurrents. Il y a peu de réflexion sur le potentiel prix ou la déclinaison de l'offre en fonction de la capacité contributive des différents segments de clients, voire des clients pris individuellement.

 

A chaque objectif stratégique son organisation

Pourtant le pricing doit pouvoir servir une palette beaucoup plus large d'objectifs. Votre politique de prix doit répondre aux objectifs qui sont le reflet de la situation stratégique profonde de votre entreprise (structure du marché, position sur celui-ci…). Comme le précise le tableau ci-dessous, chaque objectif prioritaire doit être piloté par la fonction la plus compétente. Néanmoins, ce rôle dans le pilotage du pricing ne doit pas faire oublier l'importance de la coordination transversale.

 

 

 

Fonction pilote selon l'objectif

 

OBJECTIF

 

FONCTION PILOTE

Rentabilité des investissements

Finance

Maximisation du profit opérationnel

Contrôle de gestion ou yield management

Croissance des ventes

Ventes

Maîtrise internationale des prix de vente

Marketing stratégique

Elargissement des parts de marché et position concurrentielle

Marketing stratégique

Qualité

Opérations

 

 

 

Les quatre dimensions du pricing

 

Il n'y a donc pas de mode d'organisation idéal unique. On peut cerner le champ des possibles selon 4 dimensions principales qui décrivent les différentes organisations envisageables : la formalisation du processus, la culture de la réactivité, la centralisation de la stratégie prix et les moyens humains et techniques mis en œuvre. Dans chacune des modalités de ces dimensions, plusieurs choix d'organisation sont possibles mais certaines bonnes pratiques peuvent toutefois être observées.

 

 

 

Les bonnes pratiques de l'organisation du pricing

 

Dimension d'organisation

Types de fonctionnements existants

Bonnes pratiques observées

Formalisation des processus
  • Processus formels contrôlés
  • Processus forts mais informels
  • Absence de processus ou processus insuffisants

Coordination : les différents services concernés par la fonction pricing se parlent ; cette coordination garantit la cohérence non seulement dans la définition, mais aussi dans la mise en œuvre opérationnelle de la stratégie.

Culture de réactivité

  • Dynamique / temps réel / quotidienne
  • Hebdomadaire ou réaction aux crises
  • Cycle budgétaire (minimum trimestriel)

Réactivité : la réponse est rapide et différenciée selon les marchés et les segments.

Réflexion : la capacité à gérer les crises ne doit pas conduire à négliger pour autant les travaux de fond ; éviter la culture du pompier qui sera débordé tôt au tard.

Centralisation de la stratégie prix
  • Centralisée
  • Partagée
  • Décentralisée avec adaptations par exception
  • Liberté totale

Délégation : la gestion de la complexité du pricing est assurée en amont pour ne pas priver l'organisation de son agilité. L'exécution sur le terrain des orientations définies est capable de flexibilité, à proximité des clients, dans le respect des lignes stratégiques prédéfinies.

Moyens humains et techniques
  • Lourds
  • Intermédiaires
  • Légers

Etudes régulières : par exemple, la compréhension des attributs de l'offre tels que perçus par les consommateurs permet de tirer le maximum du potentiel prix de ses produits (ce que les clients sont prêts à payer)

Outils de mesure : des indicateurs relevant du pricing sont intégrés dans les tableaux de bord de la direction et partagés par tous les membres du comité de direction

 



Quels sont les critères d'une organisation capable d'anticiper et de maîtriser l'action sur les prix ?

Plutôt que de réagir aux crises - en lançant par exemple des campagnes de promotion destructrices de marges et d'image - les entreprises au pricing bien géré disposent d'une organisation solide capable d'anticiper et d'ajuster l'action sur les prix de façon maîtrisée. La mise en place pratique d'une démarche pricing complète repose sur trois piliers qui intègrent organisation et méthode.

 

 

Premier pilier : le cadrage stratégique du pricing

 

Il s'agit de situer le pricing dans le contexte stratégique de l'entreprise. L'organisation et le process de pricing doivent être adaptés au rôle joué par le prix dans la réalisation des objectifs prioritaires de l'entreprise (dégager des ressources, rentabiliser, développer les parts de marché, etc.). L'organisation et le process adaptés dépendent aussi des besoins de réactivité imposés par le marché (agressivité des concurrents, différences entre les clients, incertitude, volatilité des prix…).

 

Ainsi, une entreprise ayant des objectifs ambitieux en matière de rentabilité des actifs investis aura intérêt à donner une place importante à la direction financière dans le processus de fixation des prix ; ceci est d'autant plus vrai si le marché de l'entreprise obéit à un cycle de pricing assez lent (annuel par exemple). En revanche, une entreprise en phase de conquête sur un marché très concurrentiel, animé par de fréquentes promotions, pilotera ses prix au plus près des clients et des concurrents, c'est à dire nécessairement à partir de la sphère commerciale ou marketing.

 

Les réflexions sur le cadrage stratégique du pricing doivent donc être menées au plus haut niveau de l'entreprise car elles servent d'orientation aux étapes suivantes.

 

 

Second pilier : l'alignement stratégie - organisation - outils.

 

La stratégie prix doit être déployée par une organisation et des process cohérents :

  • La stratégie prix. La stratégie prix correspond-elle au meilleur modèle économique ? Quels sont ses résultats ? Optimise-t-elle la création de valeur pour l'entreprise ?
  • Les méthodes, les outils et leur utilisation. Est-ce que les méthodes de fixation et de gestion des prix sont adaptées ? Prennent-elles en compte toutes les informations pertinentes ?
  • Les process et l'organisation. Qui fait quoi aujourd'hui ? Comment et quand les décisions sont elles prises ? Y a-t-il des goulets d'étranglement ? Les ressources sont-elles bien réparties ?

 

L'alignement doit associer l'ensemble des parties prenantes internes et externes et s'appuyer sur l'étude des résultats quantitatifs (positionnement prix réel, marges, tendances, discount factor par rapport aux prix catalogue, écart au budget, etc.).L'exemple de Continental Assistance illustre ce type de manque d'alignement stratégique.

 

 

 

 Cas d'entreprise  

Les dysfonctionnements cachés de Continental Assistance

 

C'est lorsqu'il tombe en panne sur la route des vacances que l'automobiliste apprécie vraiment la valeur de son numéro Continental Assistance. Pour un prix forfaitaire, il bénéficie en cas de problème d'une prestation, un peu comme avec une assurance. Pourtant le modèle économique de l'assistance est différent de celui l'assurance. La prestation de Continental Assistance et son prix sont le plus souvent déjà "inclus" dans le contrat auto d'une compagnie d'assurance ou dans des services associés à un compte bancaire. La compagnie d'assurance ou la banque est en quelque sorte le distributeur de l'assistance. La société d'assistance paie un prestataire (dépanneur par exemple) à l'acte et le refacture, augmenté d'une marge, à son distributeur.

 

Continental Assistance pratique donc le cost+ : son prix de vente est égal au coût externe de la prestation d'assistance (le dépannage) augmenté de ses coûts internes et d'une marge. En réalité, ce coefficient de marge est plus moins important selon le rapport de force commercial avec le distributeur.

 

 

Tout allait bien pour Continental Assistance jusqu'à son rachat il y deux ans par un grand groupe financier. Les objectifs fixés par le nouveau conseil d'administration créent alors une onde de choc. Le diagnostic de la fixation des prix qui est alors mené révèle cinq points de mauvaise optimisation :

  1. Le mode d'évaluation (global) des coûts internes utilisé pour les refacturations aux distributeurs ne permet pas d'optimiser la marge par un pricing différencié en fonction du client final.
  2. Le cost+ crée une situation dans laquelle les coûts internes et externes ne sont jamais remis en cause alors qu'ils pourraient être optimisés.
  3. Le prix accordé au distributeur est calculé pour une certaine durée de relations pour être rentable. Or cette durée, qui n'est jamais mesurée a posteriori, est surestimée lors du calcul initial du point mort.
  4. Continental Assistance ne cherche pas à accroître son pouvoir de négociation avec les distributeurs par une meilleure connaissance statistique du risque des clients finaux.
  5. Le département marketing réalise des études et donne des orientations, la direction financière donne des objectifs et analyse les résultats, mais aucun d'entre eux ne participe au processus opérationnel de fixation des prix qui sont librement négociés par les commerciaux.

 

Le diagnostic montre donc pourquoi, malgré un fonctionnement en apparence très rationnel, l'organisation de Continental Assistance n'était pas structurée pour atteindre les objectifs de rentabilité fixés par les actionnaires. Aucune structure n'a de vision globale de la problématique et donc ne l'appréhende réellement.


Il manque à la fois une fonction leader, marketing ou finance, dotée des pouvoirs d'alerte suffisants, et le processus permettant des décisions fondées sur l'ensemble de l'information pertinente.

 

 


Troisième pilier : un suivi attentif du mode de fonctionnement.

 

Une communication large sur le processus cible et sur la définition précise des rôles et responsabilités doit être faite à chaque fonction. En plus de la description des processus, il faut s'imposer de conduitre régulièrement certaines analyses ou études en s'assurant que les outils (modules d'analyse conjointe, d'optimisation du prix, price corridors, etc.). sont accessibles par les acteurs concernés.


Dans le cas où il existe des équipes spécialisées, par exemple dans le yield management, l'interface avec les autres fonctions et la définition des différentes responsabilités est un point très sensible. D'une manière plus générale, la répartition des responsabilités est délicate car elle renvoie directement aux enjeux politiques de l'organisation. Enfin, bien souvent certaines compétences manquent dans le domaine de l'analyse quantitative (modélisation, scoring, etc.) ce qui rend nécessaire des plans de formation ou de recrutement.

 

 


En résumé, le pricing est encore trop souvent géré, soit sans recul sous la pression opérationnelle, soit sous l'angle des outils et de l'analyse quantitative. Dans les deux cas, il manque le plus souvent une bonne prise en compte des enjeux organisationnels et politiques. Seule une approche globale permet de déployer la stratégie tout en maîtrisant les à-coups conjoncturels. Mieux préparée, l'entreprise progresse vers son objectif tout en réagissant mieux aux attaques des concurrents, et sans détruire de valeur.

 

 

Didier Auger et Pascal Masson
Managers chez Izsak Grapin et Associés

 

 

 

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